Non, la créatine ne provoque pas de chute de cheveux selon les données cliniques récentes.
Figure 1: Consensus scientifique sur le lien entre créatine et chute de cheveux
L’ensemble des données actuelles n’indique pas que la créatine provoque la calvitie ou augmente la dihydrotestostérone de manière délétère [1] [2]. Les inquiétudes initiales reposaient principalement sur des spéculations mécanistiques issues d’une étude isolée mesurant les androgènes sériques plutôt que la santé capillaire réelle [1] [2].
Preuves Cliniques sur la Chute Capillaire
| Force de preuve | Conclusion scientifique |
|---|---|
| (8/10) | Une supplémentation de 12 semaines n’altère ni les paramètres folliculaires objectifs ni la DHT chez des hommes entraînés [1]. |
| (4/10) | L’hypothèse historique d’une hausse de DHT repose sur une étude non répliquée chez des rugbymen sans mesure capillaire directe [2]. |
| (7/10) | Les revues systématiques concluent que la créatine n’augmente pas la testostérone libre ou totale de façon significative [2] [3]. |
Figure 2: Évaluation des preuves reliant la supplémentation en créatine et l’alopécie
Résultats des Études Récentes
Un essai contrôlé randomisé en double aveugle mené sur 12 semaines a évalué directement la santé des follicules pileux chez des hommes pratiquant la musculation [1]. Les participants ont reçu 5 g/jour de créatine monohydrate ou un placebo équivalent [1]. Les analyses réalisées par trichogramme et phototrichogramme n’ont révélé aucune variation de la densité capillaire, du nombre d’unités folliculaires ou de l’épaisseur cumulée des cheveux [1]. De plus, les concentrations de testostérone libre et de dihydrotestostérone sont demeurées inchangées entre les groupes [1].
Cette démonstration directe contredit l’idée populaire selon laquelle la créatine induirait une perte de cheveux [1]. Les experts rappellent que la controverse initiale provient d’une recherche de 2009 observant une élévation de 56% de la DHT après une phase de charge, suivie d’un maintien à 40% au-dessus des valeurs de base [2]. Néanmoins, ces valeurs hormonales se situaient dans les normes physiologiques et aucun participant n’avait développé d’alopécie clinique [2]. Douze autres investigations évaluant des dosages de 3 à 25 g/jour n’ont identifié aucune augmentation systématique de la testostérone [2].
L’alopécie androgénétique dépend avant tout de la prédisposition génétique, notamment des polymorphismes du récepteur des androgènes situés sur le chromosome X [4]. Bien que certains auteurs de revues narratives aient émis l’hypothèse de voies anaboliques défavorables pour les follicules sensibles [5], aucune observation clinique rigoureuse n’a confirmé ce risque [2] [3]. Les auteurs soulignent toutefois que des études sur des durées supérieures à 12 semaines chez des personnes présentant de forts antécédents familiaux de calvitie permettraient d’affiner ces conclusions [1].
Pour toute situation individuelle de chute de cheveux inhabituelle, il convient de consulter un dermatologue ou un médecin afin d’écarter d’autres causes sous-jacentes.
Références
1. Lak M, Forbes SC, Ashtary-Larky D, et al. Does creatine cause hair loss? A 12-week randomized controlled trial. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2025;22. doi:10.1080/15502783.2025.2495229
2. Antonio J, Candow D, Forbes SC, et al. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show?. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2021;18. doi:10.1186/s12970-021-00412-w
3. Antonio J, Brown AF, Candow D, et al. Part II. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show?. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2024;22. doi:10.1080/15502783.2024.2441760
4. Asadi S. The role of mutations on gene AR, in androgenetic alopecia syndrome. International Journal of Molecular Biology: Open Access. 2020. doi:10.15406/ijmboa.2020.05.00130
5. Shapiro L, Shapiro D. Low Anabolic Profile in Assessing a Patient’s Overall Hair Loss. 2015;5:687-698. doi:10.4172/2167-0951.1000130


